Visite de travail au Danemark : la lutte contre la radicalisation au cœur des échanges

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga était au Danemark ce vendredi 7 avril 2017 pour une visite de travail. Elle a rencontré à Copenhague le ministre danois de la justice Søren Pape Poulsen, avec lequel elle s’est entretenue notamment de la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent. La cheffe du Département fédéral de justice et police s’est aussi rendue à Aarhus, où elle a pu se renseigner, auprès de policiers, de travailleurs sociaux et de spécialistes de la protection de la jeunesse, sur les mesures prévues dans le modèle de prévention et de déradicalisation mis en place par la ville.
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La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s’entretient avec un policier danois

Dans la ville danoise d’Aarhus, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s’informe sur le programme local de déradicalisation auprès de représentants des forces de police, des services sociaux et de protection de la jeunesse (photo: DFJP)

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga en discussion avec le ministre danois de la justice Søren Pape Poulsen

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga avec le ministre danois de la justice Søren Pape Poulsen (photo: Keystone/Martin Sylvest)

Le Danemark s’est forgé au fil des ans une solide expérience dans la prévention de la radicalisation, mais aussi dans le développement de programmes de déradicalisation, qui complètent l’arsenal pénal. Le gouvernement danois a adopté un nouveau plan d’action national en octobre 2016. Cette visite de travail a été l’occasion pour la conseillère fédérale de s’informer sur les mesures décidées par le pays nordique et les enseignements qu’il en a tirés à ce jour. Madame Sommaruga était accompagnée d’André Duvillard, délégué du Réseau national de sécurité, qui est chargé de concevoir le plan d’action suisse en collaboration avec des représentants de la Confédération, des cantons, des villes et des communes.

Visites à Aarhus et à Copenhague

La cheffe du DFJP s’est rendue dans la matinée à Aarhus, où elle s’est entretenue avec des représentants des forces de police et des services sociaux et de protection de la jeunesse, qui lui ont expliqué leur travail quotidien avec des jeunes, le plus souvent, ainsi qu’avec leur famille et leur entourage. Madame Sommaruga s’est déclarée impressionnée par le nombre d’acteurs engagés dans cette initiative. Outre qu’elle permet un contact étroit avec les personnes concernées, cette collaboration entre différents services est essentielle pour engager une action rapide, avant que ne doivent intervenir les autorités de poursuite pénale, a estimé la conseilère fédérale. En Suisse aussi il est important, dans la perspective du futur plan d’action national, de mobiliser tous les services compétents dans tous les secteurs de la société et à tous les niveaux de l’État, a-t-elle ajouté.

Démarche concertée des autorités scolaires, des services sociaux et de la police

Le modèle d’Aarhus repose sur une coopération étroite entre autorités scolaires, services sociaux et police. Cette initiative "SSP" a été conçue il y a une quarantaine d’années pour lutter de manière générale contre la criminalité. Le modèle actuel comprend divers programmes, menés par exemple dans des centres communautaires ou des écoles. Ces programmes visent, d’une part, à prévenir la radicalisation et l’extrémisme violent et, d’autre part, à offrir aux personnes qui se sont rendues coupables d’actes répréhensibles des possibilités de reprendre une vie normale. Pour ce faire, des réseaux régionaux travaillent de concert avec des spécialistes de différents domaines et conseillent au besoin d’autres services. Ces mesures préventives complètent les outils répressifs, qui ont eux aussi été renforcés au cours des dernières années au Danemark.

L’initiative mise en œuvre à Aarhus a inspiré d’autres villes en Europe et en Suisse. Le Danemark s’est doté en 2009 d’un plan d’action national contre la radicalisation et l’extrémisme violent, fondé sur une approche similaire. Ce plan, qui associe aussi différentes autorités et services spécialisés, ainsi que des représentants de la société civile, a depuis lors été adapté et développé à plusieurs reprises. Il englobe toute une série de mesures, destinées à être mises en œuvre notamment dans les écoles et les prisons.

Rencontre avec le ministre de la justice et visite d’un établissement pénitentiaire

La conseillère fédérale a rencontré dans la capitale danoise son homologue Søren Pape Poulsen pour un entretien de travail. Les deux ministres de la justice ont convenu que la lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme requiert une adaptation régulière du cadre législatif. Des normes sont nécessaires par exemple pour empêcher une personne de quitter le territoire en lui retirant ses documents de voyage ou pour agir contre la diffusion de propagande sur internet. La Suisse mettra en consultation cette année encore divers projets législatifs pour lutter contre le terrorisme.

L’après-midi, une visite auprès du service de renseignement danois et au pénitencier de Vester Faengsel, à Copenhague, étaient au programme. Madame Sommaruga s’y est informée, notamment, sur le programme de mentorat mis en place pour prévenir la radicalisation des détenus. En Suisse, les cantons et la Confédération s’emploient actuellement à améliorer les processus en matière d’exécution pénale.

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Dernière modification 07.04.2017

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