Campagne menée contre les Musulmans: La Commission fédérale des étrangers est effarée

Communiqués, CFM, 05.09.2004

Le «Comité contre les naturalisations en masse» - un organisme ayant la même adresse de case postale que le magazine Schweizerzeit qui est très à droite - met en garde la population suisse par des annonces d'une demie page dans plusieurs quotidiens suisses contre une «musulmanisation». La Commission fédérale des étrangers (CFE) est effarée et inquiète face à cette polémique en vue du scrutin du 26 septembre prochain.

Ce comité développe la soi-disant logique suivante: la proportion de musulmans par rapport à la population suisse double tous les dix ans tant et si bien que, dans trente ans environ, les musulmans seront majoritaires en Suisse. Au moyen d'un dangereux amalgame de chiffres justes et faux, ainsi que de projections démographiques saugrenues, les auteurs de l'annonce ont manifestement l'intention de faire peur aux autochtones. De fait, le pourcentage des musulmans par rapport à la population suisse en l'an 2000 se situait autour de 4,5 %. Or, une grande majorité des musulmans habitant notre pays appartiennent à des communautés musulmanes modérées qui rejettent les tendances fondamentalistes.

La Commission fédérale des étrangers (CFE) est effarée et inquiète face à cette polémique en vue du scrutin du 26 septembre prochain. «Même les auteurs de cette campagne de presse doivent savoir que leurs projections démographiques sont absurdes», déclare Francis Matthey, le président de la CFE. «Ils créent ainsi un climat dangereux et, en fin de compte, ils menacent la liberté de la société civile de notre pays.» La CFE espère qu'au demeurant, la campagne de votation en vue de la naturalisation facilitée des jeunes étrangers sera menée avec fair-play par les opposants. De concert avec les commissions cantonales et communales en matière d'intégration, elle s'est exprimée en faveur de l'acceptation des deux projets de naturalisation lors de la votation du 26 septembre prochain.

Informations sur les données figurant dans l'annonce en question

Vrai: Le nombre des personnes appartenant à une communauté musulmane établie en Suisse a doublé entre 1990 et l'an 2000. Cette communauté a donc passé à 310'000 personnes. Cependant, en vertu du recensement de la population en Suisse de l'an 2000, elle ne représente que 4,5 % de la population suisse.

Faux: Jusqu'en 2010, ce nombre ne doublera certainement pas et voilà pourquoi: l'immigration provenant de Bosnie, du Kosovo, de Macédoine et de Turquie (nations d'où proviennent surtout les populations musulmanes) est devenue très difficile vu la législation actuelle et le sera davantage encore avec la future législation. Le nombre d'enfants de cette couche de population n'est pas beaucoup plus élevé que celui de la population suisse (voici, en moyenne le nombre d'enfants par ménage: couple suisse 1,81 ; couple turc 2.02 ; couple ex-yougoslave 2,33 (sources: Migration et Intégration, juin 2004, Office fédéral de la statistique).

Absurde: D'après cette annonce, le nombre des musulmans par rapport à la population suisse doublerait tous les dix ans et passerait de 4,5 à 9, puis à 18, 36 et à 72 % en l'an 2040. Poursuivre ainsi cette courbe jusqu'à l'année 2050 où l'on obtiendrait 144 % (!) de la population, démontre de toute évidence à quel point cette théorie est absurde.

Faux: L'affirmation (citée par les auteurs dans l'annonce) selon laquelle 150'000 autres musulmans vivraient illégalement en Suisse est totalement dénuée de fondement scientifiquement correct. En effet, ni le nombre total des sans-papiers en Suisse ni leur appartenance religieuse ne sont connus. Vouloir citer un chiffre relève dès lors du pur arbitraire.

Vrai: D'après la nouvelle législation prévue en la matière, un enfant dont la mère ou le père a fréquenté une école en Suisse pendant au moins 5 ans acquerra la nationalité suisse.

Faux: Pour obtenir la nationalité, cette condition n'est toutefois pas la seule, comme le texte l'affirme. En effet, au moment de la naissance de l'enfant, l'un des parents devra être titulaire d'un permis de séjour ou d'établissement depuis au moins 5 ans (article 2).

vers le haut Dernière modification 05.09.2004